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Le programme Propage

©Muséum national d’Histoire naturelle

Présentation

Propage est un suivi standardisé des papillons des espaces verts, co-élaboré et proposé depuis 2009 par le Muséum national d'Histoire naturelle et l’association Noé. Ce suivi a pour objectif d’évaluer l’effet des pratiques de gestion sur la qualité écologique des prairies et d’étudier la dynamique de l’évolution de ces milieux.

Il permet de caractériser les communautés de papillons d’un espace vert, de faire le lien avec les pratiques de gestion afin de produire un indicateur de la qualité écologique d’un site, de comparer les populations de papillons dans le temps sur un même site et dans l’espace entre sites (par exemple, pour un même habitat, comparaison des résultats obtenus suivant différents modes de gestion).

Le programme de sciences participatives Propage est dédié aux gestionnaires d’espaces verts qui souhaitent s’inscrire dans une démarche scientifique à l’échelle nationale et disposer d’un outil d’aide à la décision pour adapter leurs pratiques à la biodiversité.

Le protocole consiste à dénombrer et identifier les papillons parmi les 38 espèces ou groupes d’espèces proposés en se déplaçant dans un espace vert pendant 10 minutes sur une distance d’environ 100 à 300 mètres. Plusieurs outils sont fournis aux gestionnaires : un livret d’accompagnement au protocole, des fiches de terrain complétées d’un guide d’identification des papillons, disponibles ici et en version papier sur demande à propage@noe.org, et la possibilité de bénéficier d’une demi-journée de formation à la mise en place du protocole.

Étudier les papillons pour mieux les protéger

La biodiversité est dominée par de petits animaux, en particulier les insectes, qui représentent plus de la moitié des espèces connues. Étudier et comprendre cette biodiversité, mesurer l’impact des humains, chercher à limiter cet impact nécessite donc de s’intéresser aux insectes. Pourtant, les spécialistes des mammifères et des oiseaux (15 000 espèces connues sur Terre) sont beaucoup plus nombreux·euses que les spécialistes des insectes (environ un million d’espèces connues, et tant d’autres à découvrir !). Nous manquons donc cruellement d’informations sur la façon dont la majeure partie de la biodiversité réagit aux bouleversements induits par les activités humaines. C’est là que les papillons entrent en scène : ils ont le double avantage d’être des insectes et d’être relativement bien connus.

À l’instar des autres espèces, les papillons sont confrontés aux perturbations de l’environnement telles qu’artificialisation des terres par l’urbanisation, fragmentation des habitats par l’agriculture, réchauffement climatique ou pratiques de gestion. De nombreuses études montrent des déclins : au niveau européen par exemple, l’abondance des papillons dépendant des prairies a chuté de 30% en 25 ans ! En Grande-Bretagne, on sait que le Myrtil a décliné de 39% en 40 ans, et le Cuivré de 43%.

Mais, sur la même période, le Paon du jour est resté stable, tandis que le Demi-Deuil est plutôt en expansion. La situation n’est donc pas simple, les perturbations sont multiples, et toutes les espèces n’y réagissent pas de la même façon. Afin de limiter les impacts négatifs de ces perturbations sur la biodiversité, il est indispensable d’en mesurer les effets pour tenter de comprendre les facteurs en jeu.

Le déclin d’une population de papillons est-il dû à une augmentation de la surface de grandes cultures, au réchauffement climatique, à l’utilisation d’insecticides par les jardiniers amateurs ou à une modification de la gestion des bandes enherbées autour des parcelles ? Ou à une combinaison de ces facteurs ? Ou à d’autres raisons, encore non identifiées ?

©Dominique Amon-Moreau

Un suivi des papillons dédié aux gestionnaires des espaces verts

La prise en compte de la biodiversité est en plein essor aujourd’hui et doit s’intégrer de manière concrète dans les politiques d’aménagement des territoires. Pour cela, les gestionnaires d’espaces verts, mais aussi d’autres milieux plus ou moins anthropisés doivent pouvoir mesurer l’effet de leurs pratiques sur la biodiversité et évaluer la dynamique et l’évolution de ces milieux. Le Propage vise à répondre à ce besoin : à travers le suivi des papillons de jour, un groupe particulièrement sensible aux perturbations de son milieu, il est possible d’évaluer la qualité d’un milieu, de le comparer à d’autres sites, et de suivre l’évolution de l’impact des pratiques au cours des années.

Le protocole du Propage est simple, peu coûteux en temps, et est réalisable par des personnes non spécialistes des papillons. Ce protocole permet à·aux divers·es participant·es, de collecter des données sur le terrain de la même façon pendant des années et sur un territoire étendu, constituant ainsi un outil irremplaçable pour faire des comparaisons dans le temps et dans l’espace. Les données récoltées permettent de confronter les augmentations ou les déclins des espèces et les changements de composition des communautés constatés à des facteurs environnementaux.

Les programmes de suivis participatifs sont sans équivalent pour mesurer à grande échelle et sur le long terme les variations d’abondance des espèces communes, et essayer ainsi de comprendre les menaces qui pèsent sur la biodiversité. Les premiers résultats ont ainsi révélé l’intérêt de la fauche coupée par rapport à la fauche broyée pour accueillir une plus grande diversité d’espèces. L’export des produits de la fauche permet d’augmenter la typicité des prairies et la fauche tardive est plus bénéfique pour les pollinisateurs que la fauche précoce.

Enfin, le Propage permet de sensibiliser les participant·es à l’entomologie, à l’écologie, aux enjeux actuels liés à l’érosion de la biodiversité. Ce programme est un moyen pour elles·eux d’orienter leurs actions afin d’améliorer la préservation de la biodiversité des espaces qu’elles·ils gèrent. Propage est enfin un outil de médiation pour expliquer les actions mises en œuvre aux élu.es et usager.ères.

©Dominique Amon-Moreau

Sur le terrain, les différentes étapes du protocole

  • Choisir un espace vert : une prairie, une friche, un gazon, un square urbain, un jardin, un cimetière, des bords d’infrastructures de transport, une lisière de bois ou forêt.
    Localiser un trajet prédéfini, aussi appelé transect, au centre de l’espace vert et dont le temps de parcours doit être de 10 minutes (1 mètre en 2 secondes), ce qui correspond à une distance de 100 à 300 mètres. La localisation du transect et l’historique de l’espace vert pourront être précisé lors de la saisie des données, directement sur le site de saisie. Ce transect sera parcouru au même endroit chaque année et à la même vitesse. Ces informations ne seront a préciser que la première année du suivi.
  • Relever les papillons sur le terrain 3 fois par an entre juin et août, seul·e ou à plusieurs. À l’intérieur d’une boîte imaginaire de 5 mètres de côté autour de l’observateur·trice, identifier et dénombrer les papillons observés dans la boîte parmi les 38 papillons ou groupes de papillons décrits dans le Guide de terrain des papillons des jardins, des prairies et des champs et noter le nombre total d’individus observés en parcourant le transect sur la Fiche « Terrain » . Sur cette même fiche, renseigner les paramètres météorologiques comme la température à l’ombre, la couverture nuageuse, la force du vent. L’activité (et donc la détectabilité) des papillons étant fortement affectée par les conditions météorologiques, les relevés doivent être effectués lors de journées ensoleillées (présence d’une couverture nuageuse d’au maximum 75 %), sans vent fort (vent inférieur à 30 km/h soit 5 sur l’échelle de Beaufort), sans pluie, et entre 11h et 17h. La température doit être d’au moins 13°C si le temps est ensoleillé, et d’au moins 17°C s’il est nuageux (10 à 50% de couverture). La gestion menée sur l’espace vert durant l’année écoulée entre votre dernier relevé et le relevé actuel pourra être précisé lors de la saisie des données, directement sur le site de saisie.
  • La saisie des données s’effectue en ligne ici. Un tutoriel pour vous guider dans les étapes de la saisie est disponible ici.

Les 38 espèces ou groupes d’espèces de papillons sélectionnés dans le programme Propage sont des espèces communes dans les espaces verts urbains de France. Elles ont été sélectionnées en fonction de leurs écologies variées et de leur facilité d’identification. Les regroupements concernent des espèces proches et dont l’identification précise est affaire de spécialistes (Lycènes bleus, Hespéries orangées, Piérides blanches par exemple). Les ressources pour vous aider à localiser le transect, identifier et renseigner les espèces de papillons sont disponibles ici.